Des Capucins à Pierre Vago
Visite-conférence effectuée par Odile Caylux le 29/11/2025 dans le cadre des activités proposées par les AST (association des Amis de Saint-Trophime).
L’église Saint-Pierre de Trinquetaille fait partie d’un ensemble urbanistique conçu par l’architecte Pierre Vago entre 1948 et 1955.
La partie centrale est la vaste place saint-Pierre autour de laquelle sont disposés les principaux immeubles.
La plus longue barre, orientée ouest-est, a sa façade principale plein sud.
Perpendiculairement, deux ailes orientées nord-sud encadrent l’espace central.
Au nord, l’église Saint-Pierre vient clôturer la place et est le point fort de l’ensemble.
C’est une architecture fonctionnelle, stricte et de qualité.
Cela donne un quartier très aéré, très hygiéniste, à l’opposé des vieilles rues du centre ancien.
Description de l’église actuelle
A l’extérieur,
L’église a une allure moderne, avec ses grandes surfaces planes, ses arêtes vives.
Elle est orientée nord-est/sud-ouest. Son toit est couvert de tuiles.
C’est un ensemble complet qui comprend un clocher-campanile de 24 m de haut séparé du corps de l’église, un presbytère et un autel extérieur pour les cérémonies en plein air (grande croix en bois de chêne environ 2m).
La façade principale, très sobre, est un grand mur lisse dont les deux pentes, à son sommet, sont surmontées d’une croix.
Le bas de la façade s’orne du portique à sept colonnes qui relie le baptistère au campanile et sert de narthex.
Façade de l’église Saint-Pierre de Trinquetaille et campanile
L’intérieur
Il est également très sobre, avec de beaux volumes.
Elle a une forme de trapèze. Elle contient un baptistère, une chapelle latérale dédiée à la Vierge.
Le sol de la nef est légèrement incliné vers le chœur pour que l’autel et les offices soient bien visibles de tous. A l’arrière, se trouve une tribune.
Le chœur prend la forme d’une abside demi-circulaire pleine. Il comportait une table de communion et deux ambons (conçus par Vago) aujourd’hui disparus.
Tous les murs sont recouverts de panneaux de bois dans leur partie inférieure.
La nef est couverte par un plafond plat scandé de poutres apparentes.
Pour les sols, Vago a utilisé un dallage de pierres de Tavel tant pour les espaces extérieurs (portique, autel en plein air) que pour la plupart des espaces intérieurs. Toutefois, sur le sol de la nef principale, il matérialise les deux travées destinées à recevoir les bancs au moyen d’un carrelage en terre cuite de Lançon.
Vago a beaucoup travaillé sur la lumière. La nef est éclairée par de grandes verrières et 22 petites fenêtres verticales dont les vitraux ont été créés en 1953 par Alfred Manessier (1911-1993), alors que ceux du baptistère sont de Jean-Luc Perrot (1926-1995).
Les vitraux
Vitrail d’Alfred Manessier
Ils tiennent une place importante dans sa création. Pierre Vago souhaite que des artistes de qualité interviennent dans sa création. Il fait appel à Alfred Manessier (1911-1993)Alfred Manessier est né en 1911 à Saint-Ouen (Somme). Ce peintre non figuratif est considéré comme un des maîtres de la nouvelle Ecole de Paris. A partir de 1947, le vitrail occupe une grande place dans son œuvre. qui a déjà une certaine notoriété dans le domaine de l’art sacré. Ce peintre deviendra un des plus grands créateurs français de la seconde moitié du XXe siècleChristine Blanchet, Les vitraux de l’église Saint-Pierre de Trinquetaille, dans « Arles contemporaine, Architectures et patrimoine du XXe siècle », Arles, Actes Sud, 2012, p 134.
Chaque baie est composée de cinq bandes verticales déterminées par les brise-soleils en béton placés à l’extérieur dans lesquelles se dessinent et s’entremêlent sur un fond uni et sombre, des formes géométriques aux nuances colorées. Manessier travaille avec un maître-verrier connu, François Lorin (1900-1972), avec qui il réalisera d’autres oeuvres.
Vitrail d’Alfred Manessier
Le baptistère
Pour la verrière du baptistère, Pierre Vago sollicite le peintre Jean-Luc Perrot (1926-1995)Jean-Luc Perrot est né à Lyon en 1926 et a vécu au château de Barême à Gardanne (13). En 1970, il a réalisé les vitraux de la basilique de Lourdes à la demande de Pierre Vago. qu’il présente comme un disciple de Manessier. Il avait déjà travaillé avec lui dans le couvent des Dominicaines de Monteils (Aveyron) où Perrot avait réalisé en 1946 les vitraux de la salle capitulaire et du chœur de la chapelle.
L’architecte souhaite que ce baptistère soit « très clair, très lumineux et cependant à l’abri de la lumière trop crue »[?]Pierre Vago, une Vie intense, Mardaga, Bruxelles, 2000. Le peintre réalise un vitrail composé de dix bandes verticales (correspondant aux brise-soleils extérieur) d’entrelacs géométriques aux couleurs froides et douces qui s’accordent avec la cuve baptismale dessinée par Vago
Vitrail de Jean-Luc Perrot
La chapelle de la Vierge
La chapelle de la Vierge et sa claustra
C’est une pièce latérale presque carrée qui est séparée de la nef par une claustra. Elle offre un lieu de prière et de recueillement à côté de la nef principale
Le déambulatoire
Des discussions entre Alfred Manessier et Jean-Luc Perrot nait l’idée de ne plus sertir de plomb les plaques de verre colorées. Cela aboutit à la création de deux dalles de verre rondes de couleurs vives qui ornent le plafond du déambulatoire situé derrière l’abside de l’église. Manessier réutilisera cette technique plusieurs fois[?]Jean Molinier, Les vitraux de l’église Saint-Pierre-de-Trinquetaille, Bulletin des Amis du Vieil Arles, n°140, mars 2009, p 26 à 31.
Dalles de verre ronde de couleurs vives qui orne le plafond du déambulatoire
L’ancienne église
Cette église a pris la place de l’ancienne église bombardée qui avait été construite entre 1693 et 1708. C’était l’ancienne église du couvent des Capucins. La première église qui s’élevait au quartier de la Pointe (dans le secteur du cimetière actuel), fut abandonnée en 1614. Le second édifice fut construit par Mrg du Laurens en 1614 au bord du Rhône. Cependant les crues du fleuve en eurent raison.
Malgré les restaurations apportées en 1778, elle fut abandonnée quelques temps après. Le culte paroissial fut alors installé dans l’église des Capucins.
Enlevée à la congrégation lors de la Révolution, puis rendue au culte par le Concordat (1801), elle fut achetée en 1826 par la municipalité.
Elle retrouva alors sa vocation paroissiale sous le vocable de Saint-Pierre-aux-Liens mais était déjà appelée plus couramment : l’église Saint-Pierre de Trinquetaille. Elle est déjà très endommagée lors des bombardements du 25 juin et du 6 août. Le 15 août, la nef est en grande partie détruite, mais le clocher reste debout. Une statue de la Vierge du XVIIIe siècle est préservée.
L’église n’a été détruite qu’en partie par les bombes, mais contrairement à l’église Saint-Julien dont le curé et les paroissiens parviennent à obtenir qu’elle soit reconstruite à l’identique, il n’est guère possible dans le plan Vago de la conserver.
Extérieur de l’ancienne église des Capucins
Intérieur de l’ancienne église
L’église après les bombardements de 1944
La reconstruction du quartier et de l’église de Trinquetaille par Pierre Vago entre 1948 et 1955
C’est donc à la suite des bombardements de l’été 1944 que cette grande opération urbanistique est lancée pour remplacer les immeubles détruits.
Il y aura 6 bombardements alliés au total à Arles, entre le 25 juin et le 15 août 1944 faisant 113 morts et des centaines de blessés, 2430 sinistrés. 25% de la ville est touchée. En liaison avec le débarquement de Provence, il avait en effet été décidé de détruire tous les ponts sur le Rhône en aval de Valence. Une grande partie du quartier de Trinquetaille a été détruite avec le pont, les bombardements faisant 21 victimes.
L’urgence est désormais de reloger les sinistrés et de reconstruire le quartier, dont l’église. Très rapidement, après les bombardements, les 183 propriétaires sinistrés s’organisent en association : l’«Association syndicale de reconstruction d’Arles-Trinquetaille ». Elle s’occupera du remembrement et assurera la maîtrise d’ouvrage de la reconstruction du quartier, sauf, nous le verrons, pour l’église Saint-Pierre-de-Trinquetaille.
C’est là qu’intervient l’architecte Pierre Vago (1910-2002). En 1942, Pierre Vago a été nommé architecte-reconstructeur auprès du Commissariat à la Reconstruction immobilière. Ses vœux d’affectation dans un département étaient, dans l’ordre de préférence, la Seine, les Bouches-du-Rhône, les Alpes-Maritimes, le Var.
En 1945, il est nommé architecte en chef de la reconstruction de la partie ouest des B.d.R., et en particulier d’Arles et Tarascon/Beaucaire. Il est content de cette nomination.
En tant que résistant (il sera décoré, à la Libération, de la médaille de la Résistance), il était venu se mettre à l’abri en Provence. Puis il avait été emprisonné à Marseille en 1943 dans la même cellule que le maire d’Arles, Joseph Imbert. Il est ensuite transféré à Fresnes puis libéré.
Pierre Vago
Pierre Vago est né à Budapest en 1910. Il a donc 35 ans quand il est chargé de cette lourde opération. Il est le fils d’un architecte hongrois et d’une cantatrice de la même nationalité.
Entre 1918 et 1928, il réside à Rome puis déménage à Paris où il entre à l’Ecole Spéciale d’Architecture. Il a, entre autres, comme condisciple Auguste Perret qui sera le reconstructeur du Havre. Tous deux sont adeptes des idées modernistes de Le Corbusier même s’ils représenteront plus tard un autre courant progressiste.
En 1931, il participe au lancement d’une revue, rapidement très connue parmi ses pairs, « L’architecture d’Aujourd’hui », et en devient rédacteur en chef puis président du comité de rédaction.
Il est l’organisateur des Réunions internationales des architectes puis fondateur en 1948 de l’Union Internationale des Architectes, dont il devient secrétaire général. Pour ces activités éditoriales et associatives, il est rapidement connu au niveau international.
Mais au moment de la Reconstruction d’Arles, il n’a construit que la villa Devun à Cassis et une usine à Sorgues et est avant tout un théoricien.
Il est alors à Marseille où il occupe une partie de l’agence de l’architecte Fernand Pouillon qui reconstruira le quartier de l’hôtel de ville à Marseille, et de nombreux immeubles à Alger. Pierre Vago conduit à ce moment-là ses premières études d’urbanisme, comme par exemple un plan d’aménagement de la côte des Maures, dans le Var.
Il sera également directeur des études à l’école Saint-Luc de Tournai de 1957 à 1966, et enseignant dans plusieurs universités, notamment à Stuttgart, et à l’université technique de Budapest.
Son œuvre architecturale
Elle est très vaste : il y a la reconstruction de quartiers entiers à Tarascon et Arles, les programmes de logements sociaux à Marseille, Berre, Martigues, Port-de-Bouc et même un programme de 800 logements à Strasbourg.
Après la période de la Reconstruction, Il construit de nombreux édifices religieux dont la chapelle du couvent de Monteils (1951), une maison de repos des Dominicaines à Nice (1953), aménagement du domaine de la Grotte (Lourdes, 1953), l’église Sainte-Thérèse (Le Mans, 1954) ; église de Carry-le-Rouet (1955). Et surtout la basilique Saint-Pie X à Lourdes (entre1954-1958), édifice pouvant contenir 20 000 personnes qu’il construit en collaboration avec d’autres architectes.
Il est l’architecte de plusieurs groupes scolaires : à Arles, Tarascon, Beaucaire, Juan-les-pins … Sa renommée augmente encore avec la construction, en 1968, de la bibliothèque universitaire de Bonn (Allemagne), et de la faculté de Droit et de Lettres de Lille (1969-1977). Il travaille aussi en Algérie, Tunisie, Espagne, Iran etc.
Son action à Arles est importante
Outre Trinquetaille, Vago reconstruit le quartier de la Cavalerie (avec Jacques Van Migom), bâtit la cité de relogement Zola (1947), puis l’église de la Sainte-Famille (1948- 1950, construite avant Saint-Pierre de Trinquetaille), avec l’architecte Armand Roux.
Il y a aussi l’usine de traitement des eaux, (1951-1952) et l’école Léon Blum, (1951-1953). Il travaille avec toute une équipe de jeunes architectes dont Jacques Van Migom et Georges Imbert, souvent installés à Arles.
Ceux-ci suivront pendant des années après la Reconstruction le plan d’aménagement de Vago et ce, dans un esprit moderniste, qui explique le projet dans les années 1960 de démolir la partie ouest du quartier de la Roquette (non réalisé).
Au moment où il travaille sur le vaste projet arlésien, en 1947, Pierre Vago a une vision négative de nombreux aspects du centre ancien : les rues étroites, les maisons insalubres, sans espaces libres.
Il a un projet ambitieux de restructuration complète de la ville, y compris le centre ancien dont il veut cependant préserver le caractère. Son but serait « d’améliorer la salubrité par la création de petites places, de squares, de cours plantées reliées aux voies publiques par des passages voûtés… »[?]Pierre Vago, Plan de Reconstruction et d’Aménagement d’Arles, 1947., avec des interventions qu’il souhaite tout en finesse.
En fait, en centre-ville, il n’y aura que quelques restructurations de ce type, comme la place Elie Giraud à la Roquette, où des maisons anciennes, certaines peu touchées par les bombes, ont été démolies pour aérer des îlots denses. Mais l’aménagement de ces espaces n’a en fait pas abouti et la place Elie Giraud, par exemple est actuellement un parking.
Le chantier de Trinquetaille
Pour Pierre Vago, c’est un très intéressant champ d’expérience. Il va pouvoir appliquer ses idées, à la fois hygiénistes et progressistes, puisqu’il a quartier libre sur une superficie de 7 ha.
Comme il le dit dans ses mémoires « Une vie intensePierre Vago, Une vie intense, Bruxelles, Ed. Archives d’Architecture Moderne, 2000.», il veut établir « … un plan d’ensemble rationnel, tenant compte des conditions climatiques, de la chance que représente le Rhône en face de l’admirable silhouette de la ville mais aussi des traditions et des habitudes locales. ».
En tout cas, il pense que la création intégrale du quartier de Trinquetaille sera un pas important vers l’Arles moderne et montrera l’exemple de ce que doit être une ville agréable à vivre pour ses habitants.
Notons qu’à ce moment-là, on est dans le contexte d’une charte écrite à Athènes en 1933,A ne pas confondre avec la charte d’Athènes de 1931 pour la restauration des Monuments historiques. lors d’un congrès international sur l’architecture moderne, et en particulier sur le thème de « La ville fonctionnelle ». Les quatre fonctions principales sont définies : « habiter, travailler, se cultiver (entretenir son corps et son esprit), circuler ».
Ce congrès a eu lieu dans un paquebot entre Marseille et Le Pirée, en présence de Le Corbusier qui publiera le texte.
A Trinquetaille, l’ensemble à réaliser prévoit 195 logements, une église et un hôtel (hôtel Mireille). Le projet comprend 8 îlots (7 concernent les immeubles d’habitation, le 8e l’église).Vago se met au travail et présente un premier projet en 1949. Celui-ci va évoluer puisque c’est seulement en 1951 qu’il donne son projet définitif. Il travaille au début avec plusieurs équipes d’architectes, dont celle de Jacques Van Migom.
La pièce maitresse est bien sûr l’église
d’autant que ce sera la première que Vago construira. En effet, cette nouvelle église devra être le point d’orgue de ce nouveau quartier, un objet architectural.
Pierre Vago s’est particulièrement intéressé l’architecture religieuse et l’art sacré et ce, dès les années 30. En 1934 et 1938, dans sa revue « L’Architecture d’Aujourd’hui », il a abordé ce sujet dans deux numéros spéciaux. La construction de l’église Saint-Pierre de Trinquetaille est donc sa première expérience dans ce domaine.
L’initiative de l’opération est due à la coopérative « La Renaissance des clochers », qui s’occupe la reconstruction d’églises et d’édifices religieux endommagés ou détruits pendant la guerre.
Le premier à travailler sur le projet de reconstruction de l’église est Jacques Van Migom (architecte des monuments historiques) entre 1947 et 1950. Il réfléchit à plusieurs possibilités, entre régionalisme et contemporanéité, mais il envisage aussi la reconstruction à l’identique (1950).
Au début, il étudie le projet avec l’architecte Eugène Squélard, et avec Pierre Vago, puis finalement, ce dernier décide de conduire seul l’opération. C’est lui qui décide du lieu, des abords et du bâtiment.
Le projet est adopté en mars 1952, la première pierre est posée le 2 juin suivant en présence de Mgr de Provenchères, de représentants du ministère de la Reconstruction et des sinistrés, et d’une foule nombreuse. L’église est consacrée en décembre 1953.
Les objets mobiliers et liturgiques de l’église
Outre la qualité architecturale de l’édifice, l’église de Trinquetaille a le grand intérêt d’avoir gardé son mobilier des années 1950 sans pratiquement aucun ajout et d’être donc complètement « dans son jus », avec une grande cohérence.
Il reste cependant deux statues de la Vierge qui proviennent de l’ancienne église et n’ont pas été touchées par les bombardements.
Il y a d’abord la magnifique Vierge du Rosaire génoise en marbre qui date de la fin du XVIIe siècle et qui est attribuée au sculpteur génois Giacomo Antonio PonsonelliMichel Baudat, Arles et la création artistique, l’art religieux du XVe au XXe siècle, Rencontre avec le patrimoine religieux, Amis du vieil Arles, 2022..
Elle est proche du style du grand sculpteur génois Filipo ParodiFabbri (F.)., « Le commerce de la statuaire entre Gênes et la Provence ; mécénat et dévotion à l’âge baroque », dans Provence historique, t LI, fasc. 203, janvier-février-mars 2001, p 69-84., auteur de nombreuses œuvres baroques. Elle avait été commandée par les Capucins. Elle est aujourd’hui dans le chœur de l’église mais elle a été longtemps placée à l’extérieur, sur le côté sud de l’église.
Vierge génoise (XVIIe s.)
Petite Vierge à l’enfant (XVIIe s.)
Dans la chapelle de la Vierge, on trouve aussi une petite Vierge à l’enfant en marbre, plus simple, datant de 1643 comme il est inscrit sur le socle.
Les objets contemporains de la reconstruction de l’église ou juste ultérieurs sont de belle facture. Plusieurs d’entre eux ont été choisis par Pierre Vago.
Le grand Christ sans croix du chœur a été réalisé par le sculpteur Albert DubosAlbert Dubos (1889 – 1974), sculpteur spécialisé dans l’art sacré et la sculpture sur bois, fut élève de Bourdelle. A citer parmi ses nombreuses œuvres la pietà en bois de l’église Saint-Martin des Batignolles et celle de l’église de Mont-de-Marsan., à qui l’architecte a fait appel.
Il l’avait déjà sollicité pour la chapelle de Monteils (Aveyron).
Il est en bois recouvert de stuc.
Le Christ du sculpteur Albert Dubos
Chemin de croix (Michel Devèze, 1956)
Le chemin de croix posé sur les panneaux de bois qui recouvrent le bas des murs de la nef est l’œuvre de Michel Devèze arlésien (1909-2000).
Ces petits tableaux ont été faits en 1956, ainsi que le tableau placé au-dessus d’un autel latéral qui représente saint Génès.
L’autel de saint Genès, tableau de Michel Devèze
La cuve baptismale en marbre, tous les autels, le confessionnal et sans doute le tabernacle en métal et émaux de la chapelle de la Vierge, ainsi que les meubles de la sacristie ont été réalisés par le sculpteur Henri NavarreHenri Navarre (1885-1971), né et mort à Paris. Sculpteur sur bois, ciseleur, orfèvre, médailleur, tailleur de pierre. Œuvres : Monument aux morts de Samois-sur-Seine, de Guynemer, sculptures et verrières de
« l’Intransigeant », fronton de scène du Théâtre de la Michodière, Christ en verre pour la chapelle de « l’Ile-de-France », buste d’Alain, Christ en bronze pour l’abbaye de Saint-Benoît-sur-Loire, Grand vase pour le Pavillon de France à l’Exposition de New York etc. à la demande de Vago.
Cuve baptismale en marbre du baptistère
Le confessionnal
Le tabernacle de la chapelle de la Vierge
L'Autel
Autel de la chapelle de la Vierge
Meubles de la sacristie
Pour conclure, la cohérence de l’édifice, tant du point de vue de son architecture que de son décor, permet de dire que grâce à ce chantier, Pierre Vago s’est imposé comme un des architectes les plus novateurs en matière d’architecture religieuse au début des années 1950. L’église de Trinquetaille, dans le contexte de son quartier, en est le témoignage.
L’église Saint-Pierre de Trinquetaille a fait l’objet en 2010 d’une étude complète dirigée par Eléonore Marantz-Jaen. Cette étude s’intègre dans l’« Inventaire de la production architecturale et urbaine de la période 1900-1980 sur les communes d’Arles et de Tarascon » commandée par la DRAC. A la suite de cela, elle a obtenu le Label Patrimoine XXe en 2010 et elle a été protégée au titre des Monuments historiques.

