Église Saint-Martin du Méjan

 Localisation:

Cette église se trouve au nord du quartier du Méjan, au bord du Rhône, à proximité du pont de Trinquetaille.

Historique:

Une église paroissiale et son évolution:

Cette église paroissiale est d’une origine très ancienne. Dans des actes de l017, il est fait mention d’un prieuré cure de Saint-Martin. Au XVe siècle, cette paroisse s’agrandit puisqu’en 1418 elle intègre celle de Saint-Pierre de Pesulo, voisine. Au XVIIe siècle, l’église étant devenue trop petite pour contenir les paroissiens des deux paroisses, elle est abattue (1635) et rebâtie « plus grande et plus belle » (cf M 792 f° 295) suivant une nouvelle orientation (nord-sud). L’abside polygonale de l’ancienne église est encore visible dans une chapelle latérale de l’église actuelle.

Il s’agit de l’église paroissiale du quartier du Méjan, quartier central et important d’Arles, donnant sur le port. Elle abritait d’ailleurs la chapelle funéraire des noyés à cause de sa position au bord du Rhône. Dans l’église, une inscription signale une tombe de pestiférés (premier pilier en entrant à droite).

C’était aussi la chapelle du séminaire mitoyen,  installé là au XVIIe s. et qui servit aussi de presbytère à l’église à partir de 1675.

Différentes affectations après la Révolution

En 1790, le curé prêta d’abord le serment de la constitution civile du clergé puis se rétracta et s’enfuit en Italie.

L’église fut vendue comme bien national à la Révolution et son mobilier détruit et dispersé dont le retable placé au-dessus du maître-autel en marbre qui avait été commandé au peintre arlésien Pierre Ménager en 1661 et qui comportait un tableau représentant saint Martin.  Dans une chapelle latérale (côté gauche de la nef), se trouvait un autel dédié à saint Nicolas dépendant de la corporation des marins du Rhône qui possédait également dans l’église un reliquaire en argent contenant des reliques du saint. Par ailleurs, la vie de ce saint était représentée sur une tapisserie de toile que les marguilliers de la paroisse avaient achetée en 1592.

Comme les autres églises désaffectées, Saint-Martin connut plusieurs affectations. À la fin du XIXe siècle, le syndicat des éleveurs de mérinos d’Arles en fit un dépôt de laines et divisa la nef en deux par l’adjonction d’un étage. Il y eut ensuite un magasin de meubles.

En 1986, l’église devint une salle de concerts et un lieu d’exposition en lien avec les immeubles des Editions et de la librairie Actes sud, le cinéma du Méjan, le restaurant l’Entrevue et un hammam, le tout appartenant au même propriétaire, J.P. Capitani.

Description architecturale

La façade de l’église est élégante. Verticalement, elle est divisée par quatre grands chaînages. Au centre, la porte principale est surmontée d’un fronton interrompu au milieu duquel se trouve une niche dont la statue d’origine a disparu. Trois pots à feu, deux aux extrémités du fronton, un au sommet de la niche terminent ce décor. À quelques mètres au-dessus de la porte se trouvent deux écussons bûchés. La façade se termine par un large fronton qui prend toute sa largeur et contient, au centre un oculus.

À la base du fronton, sur un bandeau, se trouve l’inscription : Templum Sancti Martini. On remarque encore sur la façade sous le fronton une inscription tardive  qui rappelle l’utilisation de l’église  par les éleveurs de moutons d’Arles : « Coopérative du syndicat des éleveurs du Mérinos d’Arles ».

On accède à la porte principale par des escaliers, cette entrée et le sol de l’église ayant été prévue assez hauts pour être préservés des inondations du Rhône très voisin.

Le clocher carré comporte à ses quatre angles des chaînages d’angle à bossages. Dans sa partie supérieure, une forte corniche supportée par des corbeaux soutient un balconnet à balustres. La partie haute du clocher est ronde et encadrée de quatre pots à feu.

 À l’intérieur, la nef comprend six chapelles latérales dont plusieurs avec oculus (rond ou rectangulaire) au centre de la voûte et lanterne. Un plancher de bois supporté par des piliers en bois couvre la salle du rez-de-chaussée. À noter que ce plancher donne une grande qualité acoustique à cette salle, appréciable pour les concerts qui s’y déroulent régulièrement.

Le premier étage permet de voir le beau plafond plat en bois XVIIIe s. de la nef, à nervures, avec la voûte de l’abside avec un grand arc triomphal brisé et des croisées d’ogives.

Sources 

 M 792, Fonds patrimoniaux de la médiathèque d’Arles

Duport Gilles, Histoire de l’église d’Arles, 1690

Baudat Michel, Arles, ville sainte. Les églises célèbres et  oubliées, Actes sud, 2002.

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